notre charisme

Selon notre tradition propre, le samedi, nous entrons dans le silence contemplatif de Marie, lors du Grand Shabbat de son Fils. Nous sommes alors particulièrement unies au peuple juif en shabbat.

Ce charisme nous le vivons particulièrement lors des ‘retraites de compassion’ le samedi. Nous entrons alors dans le silence contemplatif de Marie, lors du Grand Shabbat de son Fils. Nous sommes alors particulièrement unies au peuple juif en shabbat.

Des sœurs portées par l’espérance du matin de Pâques

Petit Rameau du grand arbre bénédictin, la congrégation française des Bénédictines de Notre Dame du Calvaire porte un charisme qui s’est maintenu dans la discrétion depuis l’aube du 17ème siècle, date de sa fondation : enracinées dans la prière, les sœurs veulent témoigner de la force de l’amour, de la puissance agissante du Christ crucifié et ressuscité qui guérit et qui donne la paix.

Depuis quatre cent ans, les Bénédictines de Notre-Dame-du-Calvaire vivent ainsi une présence de prière et de compassion aux souffrances du monde. Leurs monastères se veulent des oasis de paix, des lieux de contemplation et de fraternité dans un monde éclaté et violent. Sensibles à la désunion des Églises, elles tissent des liens de paix et d’unité dans leurs différents lieux d’implantation en France, comme à Jérusalem sur le Mont des Oliviers. Placées « au pied de la Croix » avec Marie, elles veulent apprendre à regarder le monde avec lucidité et à espérer contre toute espérance (Rm 4, 18). Cette spiritualité invite à ne pas fuir les blessures de la vie, mais à les traverser avec le Christ, dans la confiance que l’amour peut transformer toute épreuve.

Cette posture résulte de la rencontre de plusieurs courants spirituels dans un contexte particulier et dramatique, celui de la Réforme et des guerres de Religion :

  • Le courant fontevriste : tirée de son monastère de Feuillantines pour réformer l’Abbaye royale de Fontevraud, Antoinette d’Orléans fonde une congrégation bénédictine placée sous le vocable reçu de Fontevraud : Notre-Dame-du-Calvaire. Austérité, vie intérieure et conversion radicale pour accueillir le salut caractérisent cette fondation.
  • Le courant franciscain : l’élan réformateur d’Antoinette d’Orléans est accueilli puis incarné par le père Joseph du Tremblay, capucin, proche conseiller du cardinal de Richelieu. Le charisme franciscain apporte à la jeune congrégation une note de simplicité, un esprit de pauvreté, ainsi qu’une attention aux Lieux Saints, alors aux mains des Turcs.
  • Le courant bénédictin : en choisissant la Règle bénédictine à la manière de Benoît à Subiaco, les fondateurs optent pour un mode de vie en petites communautés reliées entre elles, rythmé par la liturgie, l’oraison, le travail et les retraites en solitude.
  • Le contexte dramatique : une France exsangue, divisée et menacée inspire aux fondateurs l’intuition que le renouveau du pays doit être porté spirituellement par des femmes qui s’unissent, avec Marie, à la passion du Christ crucifié et vivent dans le silence du Grand Shabbat l’attente mystérieuse de l’aube de Pâques.

Pour des mentalités contemporaines, ce charisme peut se comprendre comme une école de présence et de profondeur. Dans un monde souvent pressé, les bénédictines de Notre-Dame-du-Calvaire invitent à s’arrêter, à contempler et à louer le Créateur. Leur vie affirme que la fragilité n’est pas un échec, mais un lieu de rencontre, de solidarité et de transformation intérieure, un creuset pour l’espérance, un lieu de fécondité. Ce charisme résonne particulièrement avec l’appel contemporain à prendre soin de tout être humain ainsi que de la Maison commune, afin de rendre possible un « aujourd’hui » où il est donné de goûter quelque chose du Royaume de Dieu.